Dans le monde entier la question de l'attractivité des sciences est en débat. La dualité du progrès scientifique interpelle. Le monde des ingénieurs a saisi ces interpellations depuis de nombreuses années, et c'est l'un des rôles de la commission Ecoles d'Ingénieurs et Société de la CDEFI d'éclairer ce sujet et de proposer des pistes de travail aux directeurs et aux équipes pédagogiques des écoles françaises d'ingénieurs.
Ethique, accessibilité, égalité des chances, vocation féminine, et carrières des Ingénieurs font partie de nos sujets de prédilection.
Nous constatons que le pourcentage de femmes diplômées d'une école d'ingénieur a triplé en un quart de siècle. Cependant de grandes disparités subsistent suivant les sciences constituant la dorsale du programme proposé, ou les secteurs et métiers préparés par les écoles. Dans l'ensemble, les métiers pour lesquels l'utilité de l'ingénieur dans la société civile est évidente sont très recherchés par les jeunes filles, de même que les programmes intégrant une polyvalence de matières. Elles jugent, sans doute avec raison, cette polyvalence comme indissociable de l'aptitude à gérer des projets avec une vision globale sur leurs impacts. Ainsi, l'ensemble des formations intégrant les sciences du vivant et la chimie en plus d'une solide culture mathématique et physique sont attractives. A l'inverse, certains programmes comme le génie mécanique ou l'informatique sont encore boudés par les jeunes filles scientifiques.
Notre commission étudie les moyens de valoriser le métier d'ingénieur(e), à travers des actions de mentorat en partenariat avec des associations de femmes ingénieures ou scientifiques, des études prospectives européennes (Womeng, Prometea...). C'est dans cet esprit que notre commission a décidé cette année de lancer l'opération Ingénieuses 2011, qui a rassemblé pour sa première édition les initiatives de 24 écoles françaises. Les écoles se sont positionnées sur l'un des trois fils conducteurs proposés : Fille et Technologie, Etudiante et Engagée ou Femmes et Carrière. Elles ont proposé le 8 mars dernier des ateliers et des rencontres à leurs élèves, leurs anciens ou au public.
Nous ne doutons pas que les défis du XXIè siècle pourront être relevés grâce à des innovations basées sur des analyses et des prospectives profondément humanistes, de telle façon à être reconnues comme positives par l'ensemble des citoyens. Notre commission est convaincue que c'est en ayant une représentation de toute la société parmi les diplômés des écoles d'ingénieurs et une parité des diplômés exerçant des responsabilités que le contrat social technologique futur sera établi solidement.
Florence Dufour, directrice de l'Ecole de Biologie Industrielle (EBI) et présidente de la Commission "Ecoles d'ingénieurs et Société" de la CDEFI